29 avril 2020

Le secret pour que la symptothermie soit plus efficace que la pilule

Sandrine Petrenko
Temps de lecture : 6 min

La symptothermie (ou méthode des indices combinés) est une méthode de suivi de la fertilité grâce à l’identification des différentes phases du cycle féminin et de l’ovulation. Elle permet ainsi de déterminer les périodes fertiles et infertiles et peutdonc être utilisée à but contraceptif ou dans l’optique de concevoir un bébé.

Dans cet article nous allons faire un focus sur l’aspect contraceptif de la symptothermie et sa fiabilité par rapport aux autres méthodes contraceptives naturelles les plus connues.

Lorsqu’on débute la symptothermie dans un but de contraception on sent toujours un peu d’appréhension car c’est quelque chose qui nous est inconnu. Cette appréhension peut s’atténuer grâce aux connaissances que l’on va acquérir petit à petit. C’est pourquoi nous vous partageons les fondamentaux à connaître à travers différents articles.

L’indice de Pearl de la symptothermie

Le taux de référence utilisé pour déterminer la fiabilité d’une contraception est l’indice de Pearl. Il représente le nombre de grossesses pour 100 femmes ayant utilisé la méthode pendant 1 an.

Par exemple : un indice de Pearl égal à 2, signifie que 2 femmes sur 100 sont tombées enceinte au cours de l’année d’utilisation. Autrement dit, le taux d’efficacité est égal à 98 % et le taux d’échec à 2 %.

Cet indice est divisé en deux catégories :

  • le taux théorique (avec une utilisation parfaite de la méthode)
  • le taux pratique (ou réel, avec une utilisation imparfaite de la méthode comme dans la vraie vie)

L’efficacité de la symptothermie au sein des méthodes dites naturelles

Les méthodes naturelles de contraception sont appelées ainsi, car elles n’utilisent pas de moyen médical ou physique pour bloquer le fonctionnement du cycle, que ce soit chez la femme ou chez l’homme.

La méthode des températures

Apparue en 1930, elle consiste à suivre sa courbe de température. La hausse de la température permet de présumer l’ovulation, cependant il faut être vigilant sur ses variations, car la température du corps peut fluctuer avec d’autres facteurs que celui de l’ovulation (fièvre, infection…). Cette méthode demande une très grande rigueur. Elle est utilisée par les marques vendant un thermomètre et vous demandant de prendre votre température tous les matins.

  • Indice de Pearl théorique : 1
  • Indice de Pearl pratique : 25 (soit 25 grossesses sur 100 femmes en 1 an)

La méthode Ogino (ou méthode du calendrier)

Cette contraception calcule la période de fertilité de la femme, en prenant le cycle le plus court et en lui soustrayant 18j puis, en faisant la même chose avec le cycle le plus long et en lui soustrayant 11j. L’écart entre ces deux dates correspond à la phase de fertilité présumée.

C’est cette méthode qui est utilisée dans les applications les plus connues de suivi du cycle féminin et de suivi de règles. En général, à partir du moment où l’on ne rentre aucune donnée (température ou glaire) et que l’application donne une prédiction de l’ovulation, alors il s’agit d’une méthode de calcul similaire à celle-ci.

  • Indice de Pearl théorique : 9
  • Indice de Pearl pratique : 25

La méthode Billings

Cette approche apparue dans les années 60, correspond à l’examen de la glaire cervicale (mieux connue sous le nom de “pertes blanches”) et de ses variations au cours du cycle. En effet, la glaire cervicale change d’aspect durant le cycle en fonction des hormones produites par le corps. Cependant, elle peut changer de texture suite à une infection vaginale, par exemple.

  • Indice de Pearl théorique : 4
  • Indice de Pearl pratique : 14

Le retrait

L’objectif de cette méthode est que l’éjaculation n’ait pas lieu dans le vagin, l’homme doit donc se retirer juste avant. Il est d’une part, difficile d’effectuer cette méthode et d’autres part, le liquide pré-séminal, qui arrive avant le sperme, peut déjà contenir des spermatozoïdes. Un simple contact même sans pénétration, peut potentiellement provoquer une grossesse non désirée.

  • Indice de Pearl théorique : 4
  • Indice de Pearl pratique : 27

La symptothermie

Cette méthode a été publiée par l’autrichien Josef Rötzer, en 1965. Son objectif initial était la régulation des naissances, grâce à l’utilisation de la méthode des indices combinés (c’est un autre nom qui peut être utilisé pour qualifier la symptothermie).

Le but ici, est de venir combiner plusieurs indicateurs vus ci-dessus. Les deux indicateurs principaux étant :

  • la prise de température
  • l’observation de la qualité de la glaire cervicale

Au choix, on peut également ajouter à ces deux facteurs, la palpation du col de l’utérus ainsi que le ressenti interne (sensation d’humidité ou de sécheresse).

On valide l’ovulation pour chacun des facteurs, c’est uniquement lorsqu’elle est bien validée pour la température ET la glaire cervicale, qu’on peut déclarer l’ovulation comme réussie. La combinaison des indices permet une auto-validation de la méthode et minimise le risque d’erreur. Le but est d’éviter d’interpréter une tentative d’ovulation ou une ovulation infructueuse (ovule de mauvaise qualité), comme une ovulation réussie.

Pour chacun des facteurs, 3 jours sont ajoutés afin de fermer complètement la fenêtre de fertilité. Il est nécessaire d’être soigneuse dans son relevé. Cette méthode permet ainsi de se préoccuper de sa contraception uniquement lors de la phase fertile. Une fois passée en phase lutéale (après l’ovulation), la femme n’a plus à se préoccuper de ses signaux fertiles, jusqu’au prochain cycle, car elle devient complètement infertile. En effet, le corps jaune* qui a libéré l’ovule, reste dans l’ovaire et se détériore petit à petit. Il produit suffisamment de progestérone pour empêcher une autre ovulation jusqu’aux prochaines règles.

Indice de Pearl théorique :

de 0 à 1,8 selon les études

Indice de Pearl pratique avec :

  • rapport protégé en période fertile : 0,45 à 0,6
  • abstinence en période fertile : 0,4 à 1,8 (rapport non protégé et maladie où la symptothermie n’aurait pas due être utilisée)

Voici un récapitulatif des différentes études menées sur l’utilisation de la symptothermie en contraception :

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Récapitulatif des études sur la symptothermie réalisé pour Moonly

Différentes façons d’utiliser la symptothermie

Comme vous avez pu le voir précédemment, en pratiquant la symptothermie en tant que contraception il vous faut définir la ou les méthodes utilisées lors de la phase fertile.

Il existe plusieurs écoles de symptothermie et chacune propose ses propres recommandations à ce propos. Il est donc possible d’utiliser :

  • une méthode barrière : les plus répandues, au sein des couples utilisant la symptothermie en France, étant le préservatif masculin (taux d’efficacité théorique 98 % et pratique de 85 %) et le diaphragme accompagné d’un spermicide ou gel contraceptif (taux d’efficacité de 94 % et pratique de 88 %).
  • l’abstinence (signifiant absence de pénétration vaginale) : méthode la plus sécuritaire recommandée par Sensiplan®

Pourquoi un tel écart d’efficacité avec la pilule ?

Pour comparaison, la pilule obtient un indice de Pearl théorique de 0,3 et un indice pratique de 8.

L’explication est finalement relativement simple, avec la pilule ou autre dispositif hormonal, on se sent totalement protégée et “insouciante”. Pourtant, combien de fois il arrive de louper l’heure de la prise ou de tout simplement oublier de la prendre. De nombreuses femmes se retrouvent dans ce cas de figure. Or, avec ce type de conduites malencontreuses on tombe dans le taux d’efficacité pratique de 8.

Avec la symptothermie, on apprend à connaître le fonctionnement du cycle féminin et à repérer tous les signaux qu’envoi le corps. On s’implique davantage, notamment, en phase fertile et on fini par bien connaître la façon dont le corps s’exprime. Les différents niveaux de fertilité de la glaire cervicale, la texture du col de l’utérus, les ressentis internes d’humidité, la montée de la libido à l’approche de l’ovulation et parfois des petits tiraillements dans un ovaire. Tous ces signaux, sont autant d’indicateurs de la fertilité et d’une ovulation imminente, en plus de la température.

On devient acteur de notre fertilité, il est donc plus facile de comprendre pourquoi, les indices de Pearl sont si bons. Si vous débutez, vous avez quelques craintes car beaucoup de ces termes sont encore un peu abstraits. Ne vous inquiétez pas, en l’espace de 2/3 cycles d’utilisation de la symptothermie, les premières habitudes commencent déjà à s’installer. Plus le temps avance, plus on découvre de nouvelles choses dans notre corps et on se rend compte qu’il a son propre langage.

Evidemment, ces signaux de fertilité ne font pas tout, la symptothermie permet de définir la phase fertile en prenant des marges. L’ovulation étant présumée à 48 h près, on ajoute 24 h de sécurité supplémentaires, pour fermer la phase fertile (soit 3 jours après le pic de fertilité de la glaire ET la hausse de température). Du côté de l’ouverture de la phase fertile, on reprend la hausse de température la plus précoce des 12 derniers cycles et on lui retire 7 jours (soit 48 h + 5 jours de vie maximum des spermatozoïdes).

C’est la combinaison de ces différentes données, qui permet d’obtenir une méthode de contraception parmi les plus fiables.

Alors pourquoi la symptothermie est-elle si peu connue ?

C’est bien la question que la plupart des couples pratiquant cette méthode se posent. Malheureusement, la symptothermie est très souvent mélangée aux autres méthodes naturelles, citées au début de l’article. Vous comprendrez donc, que la confiance n’est pas très répandue. De plus, dans l’esprit collectif, tout le monde a déjà entendue “qu’une femme de son entourage ou de sa famille était tombée enceinte avec une méthode naturelle”, (pourtant il s’agit quasiment à chaque fois de la méthode des températures, Ogino ou Billings).

Dans l’avis général, le raccourcis est vite fait. Et pour ne rien arranger, une étude de 2011 sur les méthodes naturelles a annoncé un taux d’échec de 24 %. Seulement, près de 90 % des participantes avaient en réalité utilisé la méthode Ogino. La symptothermie a donc été, à nouveau, fondue dans la masse des méthodes naturelles à un seul indice et peu fiables.

Depuis, les informations ont été remises à jour et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’aujourd’hui on trouve bien des données de fiabilité sur la symptothermie que ce soit, dans le rapport sur les contraceptifs de la Haute Autorité de Santé (HAS) ou sur le site de l’Organisation Mondiale de Santé (OMS), avec des taux similaires à ceux fournis précédemment.

Les bonnes questions à se poser pour débuter

Si vous souhaitez vous lancer dans la pratique de la symptothermie retenez ces 4 éléments…

  • il s’agit d’une méthode fiable si l’on se forme correctement, choisissez bien votre mode de formation (au besoin avec une conseillère spécialisée)
  • définissez avec votre partenaire comment vous souhaitez fonctionner en phase fertile (abstinence, méthode barrière, rapports non protégés avec risque de grossesse…)
  • il est conseillé d’avoir l’adhésion des deux partenaires à la méthode (n’hésitez pas à vous former en couple)

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*corps jaune : Lorsque l’enveloppe de l’ovule se rompt, au cours de l’ovulation pour libérer l’ovule, elle se transforme en corps jaune.

Sources :

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