8 novembre 2020

Suivi gynécologique : il n’y a pas que les gynécologues

Sandrine Petrenko
Temps de lecture : 4 min

Comme de nombreuses personnes on se retrouve souvent confronté à des difficultés pour trouver un médecin qui puisse nous suivre. Il suffit d’avoir déjà vécu un déménagementdans un autre département pour se rendre compte qu’il n’est pas toujours simple de trouver un docteur qui accepte les nouveaux patients.

Pour les gynécologues c’est pareil, lorsqu’on veut en changer ou en trouver un·e nouveau·lle on se retrouve souvent confronté à des refus. Sauf qu‘il est régulièrement rappelé que le suivi gynécologique doit avoir lieu au minimum une fois par an. La répartition géographique n’étant pas équitable sur tout le territoire, la recherche d’un·e praticien·ne peut parfois être longue.

Les déserts médicaux

Le désert médical est une zone géographique où il est difficile de trouver du personnel médical. Ci-dessous l’état de la densité des gynécologues en 2018 en France. Les déserts médicaux sont nombreux et la tendance ne va pas en s’améliorant.

Se faire suivre en gynécologie

Pour faire face à cette raréfaction, il est important de rappeler qu’un suivi gynécologique peut tout à fait être réalisé par un·e sage-femme. En effet, dans le cas d’un suivi tout à fait classique (hors pathologie particulière) les sages-femmes sont tout à fait aptes et formé·e·s pour réaliser le suivi gynécologique ainsi que les prescriptions, poses, suivis et retrait de tous les types de contraceptifs.

Il est tout à fait possible d’aborder les questions concernant la contraception, la sexualité, la fertilité et les IST/MST ainsi que réaliser les examens classiques frottis, palpation de la poitrine, échographie (si l’équipement est disponible). Les personnes mineures sont également acceptées avec l’accord parental pour toute prescription.

En cas de détection d’une éventuelle pathologie, la·le patient·e sera renvoyé·e vers un médecin spécialisé afin de poursuivre le suivi médical.

Louison, Célia, Emilie et Angélique ont choisi des sages-femmes et nous racontent

Louison, 24 ans

“J’ai choisi en premier lieu une première gynéco à 20 ans qui en fait était un médecin généraliste spécialisé en gynécologie. C’était juste pour poser un stérilet au départ. Après j’ai demandé beaucoup d’avis pour trouver un bon gynéco dans ma ville, mais je ne pouvais avoir des rdv qu’au bout de plusieurs mois. J’ai surtout choisi ma sage-femme actuelle, car elle avait de bons retours et qu’elle prenait rapidement.
Je n’ai pas trop de points de comparaison, mais elle est super douce et à l’écoute, met très facilement à l’aise. Enfin je l’adore et je n’ai pas du tout envie de changer pour qui que ce soit d’autre.

Petit + : à contrario de ma première gynéco, ma sage-femme était super contente que j’enlève mon implant et que je commence la symptothermie, ça m’a d’ailleurs étonné mais c’est cool 🙂 (bon depuis j’ai mis un stérilet en cuivre, mais j’ai repris les observations depuis le mois dernier. Je commence mon deuxième cycle de symptothermie)”

Célia, 29 ans

“J’ai choisi de délaisser les gynécos pour une sage-femme, car je cherchais une oreille attentive qui serait plus au fait des méthodes de contraceptions naturelles. Je trouve les sages-femmes beaucoup plus humaines, ouvertes, à l’écoute et douces. Avec elles on peut discuter de tout.”

Emilie, 31 ans

“Dans ma ville, les gynéco se font rares et enchaînent les rdv sans prendre le temps de vraiment écouter. Sans parler du fait que la mienne manquait profondément de tact... En discutant avec mon médecin, elle m’a conseillé une sage-femme en m’expliquant qu’elle pouvait effectuer le suivi gynécologique (attention sauf en cas de pathologie).

Le premier rdv a été une révélation pour moi. La sage-femme est à l’écoute de mes attentes et de mes ressentis. Quand je lui ai expliqué que la pilule ne me convenait plus, elle a pris le temps de m’expliquer chaque méthode de contraception qui existaient aujourd’hui. Bref, mon rdv a duré 1h au lieu de 15 minutes chez mon ancienne gynéco et j’en suis ressortie avec le sentiment d’avoir été écoutée et comprise !

Angélique, 26 ans

“J’étais suivie par une gynéco que je n’appréciais pas plus que ça (consultation express en 10 min, manque de discussion et d’informations, cabinet froid…). Un jour on m’a parlé d’une sage-femme en me disant que les sages-femmes faisaient aussi les suivis et je suis tombée sur une véritable perle, ça a complètement changé mon suivi gynéco : cabinet accueillant et douillet, consultation de 1 h, écoute sur les réels besoins… On va éviter de généraliser, mais les sages-femmes ont souvent plus de temps pour écouter les patientes et faire un suivi plus personnel en plus la mienne est ouverte à la symptothermie !”

Stop aux violences gynécologiques

Il est important d’évoquer ce dernier point, car de plus en plus de témoignages ressortent et c’est important de savoir de quoi il s’agit pour bien choisir sa·son soignant·e. Les violences gynécologiques et obstétricales proviennent de la part d’un·e soignant·e et sont catégorisées en trois parties : corporelles, verbales et légales. Aujourd’hui de plus en plus de personnes en parlent et dénoncent ce qu’elles ont vécu.

Quelques exemples d’actes qui sont des violences (liste non exhaustive) :

  • Refus d’écouter ou de répondre
  • Violence verbale ou physique
  • Toucher vaginal, palpation des seins ou autre acte pratiqué sans le consentement ou sans utilité médicale avérée
  • Pose de spéculum ou frottis sans consentement
  • Refus de prescription ou prescription imposée
  • Gestes déplacés
  • Remarques sur votre sexualité, orientation sexuelle, corps, mode de vie…

On peut lire de nombreux témoignages sur le compte Instagram de @balancetonuterus où Marine. Il est très important d’avoir conscience que ces agissements n’ont rien de normaux et doivent être dénoncés ou à minima qu’il est nécessaire de changer de praticien·ne.

Comment bien choisir son praticien ?

Il faut se sentir en confiance et à l’aise avec son soignant, d’autant plus pour les suivis gynécologique et obstétrique qui sont très fortement liés à l’intimité.

Le cabinet doit être propre et le praticien doit être accueillant et disponible.

Il ne faut donc pas hésiter à changer de soignant·e si le courant ne passe pas et à choisir le·la médecin/gynéco/sage-femme qui vous conviendra.

Annuaire de soignants

Nous avons travaillé à la création d’un annuaire de soignants qui connaissent de près ou de loin la symptothermie.

Cela permet de pouvoir en discuter et d’avoir des conseils sur ses choix personnels au sujet de sa fertilité. L’annuaire est disponible ici et il est possible de participer à l’ajout de nouveaux soignants en remplissant ce formulaire, car tous les départements ne sont pas encore couverts. Il y a également quelques praticiens Belges et Suisses.

Cet annuaire est collaboratif et sera prochainement mis en forme en association avec MedFem Collective.

https://medfem-collective.com/

Sources

Conseil national des médecins Etude — Approche territoriale des spécialités médicales en France en 2018

Ordre des sages femmes — suivi gynécologique et contraception

Institut de Recherche & d’Actions pour la Santé des Femmes (ISRAF) — Les violences obstétricales et gynécologiques : définition

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